La Bibliothèque de l'écologie
à Gap

Rachel Carson (1907-1964)


par Philippe Mouchette

Rachel Carson, biologiste et naturaliste américaine, est souvent considérée comme la mère du mouvement écologiste. Inspirée par un professeur exceptionnel de biologie à l'université de la Pennsylvanie pour les femmes, Rachel Carson a décidé d’abandonner ses cours d'anglais pour se consacrer à la biologie. Elle a étudié au Marine Biological Laboratory (Massachusetts), avant d’obtenir son diplôme universitaire de zoologie en 1932 à l’université Johns Hopkins. Passionnée par la mer, elle est embauchée le Bureau of Fisheries à l'âge de 28 ans pour écrire des textes scientifiques destinés à la radio, tout en écrivant pour le Baltimore Sun des articles sur l’histoire naturelle. En 1936, elle devient rédactrice en chef de toutes les publications du Fish and Wildlife Service (FWS), poste qu’elle occupera pendant quinze ans.

En 1941, elle écrit un premier livre sur la mer intitulé Under the Sea-Wind. Son deuxième livre – The Sea Around Us – explore les origines et les aspects géologiques de la mer. Vendu à plus de 200.000 exemplaires, ce livre sera récompensé par la John Burroughs Medal et le National Book Award. Le succès de ce livre lui permet de se consacrer entièrement à l’écriture. Elle a gagné la récompense nationale du livre et a vendu plus de 200.000 exemplaires, lui permettant de se retirer du FWS pour se consacrer à l'écriture à plein temps. En 1955, elle termine sa trilogie consacrée à la mer avec The Edge of the Sea.

Néanmoins, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle se soucie de l’utilisation de plus en plus importante des pesticides chimiques. Elle prend conscience de ce danger et elle écrit: «Plus je m’informe sur les pesticides, plus je deviens consternée et réalise que cela pourrait devenir le sujet d’un livre. Ce que je découvre, c’est que tout ce que j’aime en tant que naturaliste se trouve menacé, et il n’y a rien de plus important que je puisse faire.» C’est bien à contrecœur qu’elle délaisse ses études naturalistes pour avertir l’opinion publique des méfaits des pesticides. En 1962, elle publie son célèbre Silent Spring dénonçant les effets désastreux du DDT sur les écosystèmes de la Terre. Elle écrit dans ce livre: «Partout planait l'ombre de la mort...Un silence étrange s'étendait... Ce n'était pas de la sorcellerie ou une attaque ennemie qui avait imposé le silence au renouveau de la vie dans ce monde ravagé. Ce sont les gens eux-mêmes qui l'avaient causé.»

Dénoncée par l’industrie chimique comme une «hystérique» ou une «communiste», Carson apporte une abondante documentation sur le DDT, précisant que ce qui tue un ver ou une plante, rendrait sans doute malade ou tuerait celui qui mangerait le ver ou la plante. Ainsi, le sol chimiquement traité mène à la destruction de l'espèce biologique ayant pour résultat le déséquilibre de l'écosystème, le transfert des toxines aux eaux souterraines et sans doute aux plantes. Elle écrit dans Silent Spring: «La même séquence mortelle a été remarquée partout: odeur du DDT dans la forêt, film huileux à la surface de l’eau, truites mortes le long des berges des ruisseaux. Tous les poissons analysés, vivants ou morts, avaient du DDT dans leurs tissus. L’une des plus sérieuses conséquences de la désinsectisation était, comme au Canada, l’extermination des organismes servant de nourriture à d’autres animaux: les insectes aquatiques et la faune du fond des cours d’eau se trouvaient réduits parfois des neuf dixièmes. Or, ces pertes se réparent lentement; à la fin du second été suivant, la faune aquatique était encore rare – et même nulle dans l’une des rivières où 80% des poissons avaient disparu.»

Hélas, succombant en 1964 d’un cancer, elle ne connaîtra pas l’aboutissement de cette bataille. Après l’immense controverse provoquée par Silent Spring, le Président John F. Kennedy établit une commission pour étudier les effets de certains produits chimiques. En 1972, l’utilisation du DDT est interdite aux Etats-Unis, et par la suite dans la plupart des pays du monde. De très nombreuses organisations environnementales, dont le Environmental Defense Fund fondé en 1967, poursuivront son œuvre.


Bibliographie

Rachel L. Carson, La Vie de l'Océan (?Under the Sea-Wind, a naturalist's picture of ocean life?), traduit de l'américain par Pierre de Lanux, Paris, Amiot-Dumont; (Chambéry, Impr. réunies), 1952.
Rachel L. Carson, Cette mer qui nous entoure (?The Sea around us?), traduit de l'américain par Collin Delavaud, Paris, Delamain et Boutelleau; (Corbeil, impr. de Crété), 1952. Nombreuses rééditions.
Rachel Carson, Là où finit la mer. Le rivage et ses merveilles (?The Edge of the Sea?), traduit de l'américain par Anne de Cambiasy, Paris, Amiot-Dumont; (Amsterdam, Druk. Holland N. V.), 1957.
Rachel Carson, Printemps silencieux (?Silent Spring?), traduit de l'anglais par Jean-François Gravrand. Préface de Roger Heim, Paris : Plon (impr. Plon), 1963. Réédition LGF, Le Livre de Poche N°2378, Paris, 1968.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les sites suivants (tous en anglais):

http://www.rachelcarson.org/
http://en.wikipedia.org/wiki/Rachel_Carson
http://www.rachelcarsonhomestead.org/
http://www.time.com/time/time100/scientist/profile/carson.html
http://www.rachelcarsonprisen.no/rachel-eng.html
http://ecotopia.org/ehof/carson/index.html
http://www.lkwdpl.org/wihohio/cars-rac.htm
http://dir.yahoo.com/Science/Biology/Marine_Biology/Carson__Rachel__1907_1964_/

Livres de Rachel Carson avec la Fnac.