La Bibliothèque de l'écologie
à Gap

Théodore Monod

Théodore Monod (1902-2000)

par Roland de Miller

Théodore Monod - En savoir plus - Bibliographie - Ouvrages sur Théodore Monod - Quelques témoignages

Né le 9 avril 1902 à Rouen, dans ce qu’on appellerait au Sahara une « tribu maraboutique » (cinq générations de pasteurs l’ont précédé), nourri dès l’enfance de l’idéal messianique des prophètes d’Israël et d’un socialisme chrétien accordant la primauté à la lutte pour la justice et la paix, Théodore Monod deviendra zoologiste et, à ce titre, assistant (1922), puis professeur (1942) au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. À contre-courant d’une époque d’hyperspécialisation, Théodore Monod a appartenu à cette génération de chercheurs dont la vocation a été, durant toute leur vie, de parcourir la planète, d’en observer et d’en inventorier les richesses, à l’image des encyclopédistes du XVIIIe siècle, théorie et pratique constamment confondues, dans toutes les disciplines. À l’origine océanographe, ichtyologue, spécialiste des crustacés et des poissons tropicaux, il a voué une grande part de sa vie au Sahara. Il fut l’explorateur scientifique des « longs parcours chameliers », véritables voyages au long cours, navigations solitaires où il faut aller coûte que coûte, avec le « conflit de la bouche et du pied », sans jamais songer à revenir en arrière. Extraordinaire aventure tendue vers son but unique : « arracher au cosmos quelques lambeaux de connaissance fraîche, ce qui seul réellement compte ». Il n’avait pas son pareil pour évoquer les paysages mauritaniens, pour raconter ses longues méharées dans les dunes, ni pour décrire la faune, la flore, l’histoire et la préhistoire de ces régions où notamment, dans les années trente, il entendit parler d’une mystérieuse et gigantesque météorite qu’il cherchera durant des années, avec une insatiable curiosité, mais en vain. Surnommé par les Maures le « Majnoun », le fou du désert, un grand respect l’entourait en Afrique. Un lycée de Nouakchott, capitale de la Mauritanie, porte son nom.

Nul mieux que Théodore Monod n’a su illustrer au XXe siècle l’une des vocations scientifiques initiée par les plus célèbres savants du Jardin du Roy, celle de naturaliste voyageur. Dans toutes les disciplines scientifiques auxquelles il a apporté sa contribution, Théodore Monod l’a fait avec autant de rigueur et d’exigence qu’en est capable un homme dont la vie entière a été vouée à la science. La création de l’IFAN (Institut Français d’Afrique Noire, devenu en 1965 Institut Fondamental d’Afrique Noire), qu’il dirigea de 1938 à 1965, lui avait permis de développer, à l’image du Muséum National d’Histoire Naturelle, une institution dédiée au continent africain.

Devenu en 1974 professeur honoraire au Muséum où il continuait encore à se rendre chaque jour - quand il n’était pas en voyage au Sahara. Bien qu’il ne chercha pas les honneurs, il fut membre de l’Institut (Académie des Sciences, 1963), de l’Académie de Marine (1957), de l’Académie des Sciences d’Outre-mer (1949), de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Marine de Lisbonne, de l’Académie royale des Sciences d’Outre-mer de Belgique, quatre fois lauréat (médailles d’or) de la Société de Géographie, de l'Académie des sciences, de la Royal Geographical Society (1960), de l’American Geographical Society (1961). Il fut docteur honoris causa des Universités de Cologne (1965) et de Neuchâtel (1968) et commandeur dans les ordres de la Légion d'honneur, des Palmes académiques et du Mérite Saharien (1962). Depuis 1922, date de son entrée au Muséum, il a signé près de 800 publications et communications sur les sujets les plus divers.

En effet, naturaliste au sens plein et vrai du terme, Théodore Monod, s’il resta officiellement zoologiste, s’est aussi laissé tenter, au hasard des pistes sahariennes, par la botanique, la géologie, l’archéologie et l’histoire ; mais au-delà de ses activités scientifiques, ce fut un humaniste, ouvert aux joies de la contemplation, au sentiment de l’unité du cosmos, à la splendeur du monde, à la sympathie et à la pitié pour tous les êtres vivants. Grand défenseur de la nature, il s’était mobilisé sur tous les fronts de la conservation de la nature et des droits des animaux : il fut notamment le très actif président du Rassemblement des Opposants à la Chasse (R.O.C.), vice-président de la Société Nationale de Protection de la Nature (S.N.P.N.) et membre du Conseil de la Ligue Française des Droits de l’Animal (L.F.D.A.). L’expression « respect de la vie » résume au mieux son parcours et justifie ses engagements.

Protestant, philosophe, pacifiste, non violent convaincu, il défendait sans relâche les valeurs de conscience et de responsabilité de l’homme face à ses semblables et avait pris position dans toutes les luttes pour le respect des droits de l’homme et le respect de la vie. Anti-nucléaire, végétarien, sobre et abstinent, il jeûnait chaque année le 6 août, lors de l’anniversaire de la destruction d’Hiroshima par la bombe atomique. « Face aux menaces, disait-il, il faut que l’homme s’hominise ». Cet « obscur apprenti chrétien » pensait que le christianisme n’a pas échoué mais qu’il n’a pas encore été essayé. Pierre Teilhard de Chardin, son ami et correspondant, lui avait écrit : « Vous êtes le seul homme, parmi ceux que je connaisse, qui ait à la fois et également en lui le double sens de l’En-haut et de l’En-avant ». Il n’était déçu de rien, sauf peut-être de la disparition du vocabulaire universitaire ou académique de ces mots aussi fondamentaux que « botanique » ou « zoologie ».

Après un an d’hospitalisation, il quitta ce monde terrestre le 22 novembre 2000, à l’âge de 98 ans. Avec la consigne qu’il répétait inlassablement : « Le peu, le très peu que l’on peut faire, il faut le faire quand même. Sans illusion. Il faut espérer. »

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les sites suivants:
jm.saliege.com/ThMonod.htm
fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odore_Monod
membres.lycos.fr/theodoremonod/desert.html : ce site recense les différents hommages à Théodore Monod à l’occasion se sa mort.
www.routard.com/mag_dossiers.asp?id_dm=13&ordre=3
www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_monod.htm : premier chapitre du livre RÉVÉRENCE À LA VIE, conversations de Théodore Monod avec Jean-Philippe de Tonnac.
www.diplomatie.gouv.fr/label_france/FRANCE/IDEES/theodore_monod/page.html

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Bibliographie
L'Adrar Ahnet : Contribution à l'étude archéologique d'un district saharien. Institut d'Ethnologie, coll. Afrique, collection principale : Travaux et mémoires. Musée de l’Homme, Paris, 1932.
Ballade de mes heures africaines. Texte et illustrations de T. Monod. Babel, 1993.
Bathyfolages : plongées profondes. Julliard, Paris, 1954. Réédition Actes Sud, 1991, sous le titre Plongées profondes.
Botanique au pays de l'encens : périple au Yémen. Par T. Monod, en collaboration avec José-Marie Bel. Préface de Marcel Laugel. Gazem Abdel Khaled al-Aghban. Maisonneuse et Larose, Paris ; Solibel, Bruxelles 1996.
Les Carnets de Théodore Monod. Rassemblés par Cyrille Monod. Le Pré-aux-clercs, Paris, 1997. Réédition Presses Pocket N° 10441, 1999. Sur les pistes, dans les dunes ou sous la tente, le jeune Théodore Monod tient le journal de bord de ses découvertes et de ses réflexions au cours de ses premières années sahariennes ou en Afrique noire. Jusqu’à la veille de la guerre, l’explorateur note ainsi, sans méthode ni souci didactique, les étapes de sa formation scientifique et de sa vie intérieure. L’homme est déjà tout entier dans ces pages spontanées, graves ou amusantes, souvent illustrées d’un croquis malicieux : l’humaniste et le chrétien, l’ethnologue et l’aventurier, le penseur ennemi des mots d’ordre, des chapelles et des dogmes. Ces carnets personnels, rédigés dès l’âge de seize ans et tenus jusqu’en 1935, révèlent un caractère exemplaire d’indépendance d’esprit, de rigueur et de générosité. La deuxième partie de l’ouvrage, intelligemment composé par le propre fils de Théodore Monod, rassemble un choix de lettres personnelles, de discours et d’interviews, de 1940 à nos jours.
Catalogue des poissons de l'Atlantique du Nord-Est et de la Méditerranée. Par T. Monod, en collaboration avec Jean-Claude Hureau. UNESCO, Paris, 1978, Édition mixte anglais-français.
Le Chercheur d'absolu, suivi de Textes de combat. Sous la direction de Martine Leca. Préface d’Albert Jacquard. Le Cherche Midi, coll. Documents, Paris, 1997. Réédition Gallimard, coll. Folio N° 3120, Paris, 1999. Quelques hommes ont le rare privilège d'être tenus, par leurs contemporains, comme des consciences de leur époque. Théodore Monod était de ceux-là. Ce savant humaniste croyait de son devoir de mettre en garde les hommes contre leurs égarements et les dangers qui menacent la planète. Pendant plus de soixante-dix ans, Théodore Monod a parcouru les déserts afin de retrouver la genèse de notre planète, et permettre qu'émerge un « nouvel homme ». Celui-ci sera à part entière « fils du ciel et de la terre » grâce à l'élan de la spiritualité.
Coffret Théodore Monod. Actes Sud, Arles, 2000, 3 vol. (coll. Babel) Contient : Méharées ; L'Émeraude des Garamantes ; Terre et ciel. Méharées reste le plus célèbre des livres de Théodore Monod. Dans L'Emeraude des Garamantes, il livre ses réflexions sur presque un siècle de vie, de souvenirs, de voyages. Terre et ciel est un livre d'entretiens avec Sylvain Estibal qui rend compte de sa carrière et de sa pensée.
Contributions à l'étude de l'accident circulaire des Richât (Adrar, Mauritanie). Par Charles Pomerol, sous la direction de T. Monod. Fondation scientifique de la géologie et de ses applications, coll. Mémoires, Coll. principale : Sciences de la terre, N° 28, 1973.
Désert libyque. Notes de voyage. Sous la direction de T. Monod. Nouakchott et Paris, 1989. Photographies de Jean-François Sers. Arthaud, coll. La Nouvelle Odyssée, Paris, 1994.
Les Déserts. Horizons de France, Paris, 1973.
Déserts. Par T. Monod, en collaboration avec Jean-Marc Durou. AGEP, Marseille, 1988.
De Tripoli à Tombouctou : le dernier voyage de Laing, 1825-1826. Société française d'histoire d'outre-mer, Geuthner, Paris, 1978.
Dieux d'Afrique. Par T. Monod, en collaboration avec Roger Bastide. Photographies de Pierre Verger. Éditions de la Revue Noire, coll. Soleil, Paris, 1995.
L’Emeraude des Garamantes. Souvenirs d'un Saharien. L'Harmattan, en coédition avec l’A.C.C.T., Paris, 1984. Rééditions : Actes Sud, coll. Terres d'aventure, Arles, 1992. Illustré de 23 dessins de l'auteur. Actes Sud, 1999. La suite de Méharées, quarante ans d'exploration, de découvertes, d'engagements religieux et scientifiques.
Enfants de la Terre. Entretien avec Edmond Blattchen. Éditions Alice, coll. Noms de dieux, Bruxelles, février 2000. Diffusion Desclée de Brouwer. Ces entretiens sont issus d'une émission d’Edmond Blattchen sur les ondes TV5 et RTBF qui accueillent des personnalités des sciences humaines et exactes, de la politique, des arts, de la musique, des lettres, de la société laïque comme des divers courants philosophiques et religieux. Un rendez-vous de la pensée contemporaine.
En route vers l’absolu. En collaboration avec l’Abbé Pierre. Flammarion, Paris, 2000. L'un est protestant, l'autre prêtre catholique ; l'un a parcouru les terres arides, l'autre a consacré sa vie aux victimes de la vie dans les cités. En fait, ils ont en commun leur volonté d'engagement, leur foi dans l'homme. La passion, la foi, l'exclusion, la pauvreté, le racisme en France et dans le monde, tels sont les thèmes qu'ils abordent. Ils livrent aussi leurs regrets, leurs espoirs.
Et si l’aventure humaine devait échouer. Grasset, Paris, 2000. Nouvelle édition de Sortie de secours. Et si l'aventure humaine devait échouer... Supposition absurde ? Pensez donc ! L'homme n'occupe-t-il pas le sommet de l'évolution biologique ? N'est-il pas le seul animal dont la tanière s'éclaire la nuit ? Le seul aussi, qui soit capable d'avoir une histoire et de l'écrire ? Mais aurons-nous un jour la sagesse de respecter la vie ? « Théodore Monod y pose les vraies questions, celles auxquelles l’espèce humaine doit répondre sous peine de périr. Que cela soit sur la cruauté millénaire de notre comportement envers les animaux qui conduit aux effets que l’on sait, le constat d’urgence concernant l’écologie, la façon insensée dont l’homme ne parvient toujours pas à se libérer de la part violente et préhistorique de ses instincts, les rapports entre la nature, la société et notre liberté et même la foi chrétienne à repenser dans la perspective de Teilhard de Chardin, cet ouvrage fait mouche à tous les coups et répond à nos attentes. Et si l’aventure humaine échouait ? La question se pose en effet de manière cruciale aujourd’hui et ce livre testament nous aide à y penser avec rigueur pour tenter d’agir efficacement. Car cela fait longtemps que nous faisons partie de ceux qui annoncent l’imminence d’une catastrophe écologique : elle va à présent se dérouler sous nos yeux. » Le coup de coeur de Marc de Smedt, Nouvelles Clés, N° 29, printemps 2001.
Le Fer de Dieu. Histoire de la météorite de Chinguetti. Par T. Monod, en collaboration avec Brigitte Zanda. Actes Sud, Arles, 1992.
L'Hippopotame et le philosophe. (Julliard, coll. Sequana, Paris, 1943 (censurée), 2e édition 1946, 472 p.) Réédition : Actes Sud, Arles, 1993.
Le Livre des martyrs : « vie des saints ». Extrait du martyrologe protestant de Jean Crespin. La Cause, Neuilly, 1930.
Livre de prières. Tiers-ordre des Veilleurs. Lumière-Flamme-Parfums, Labor, Genève, 1937.
Majâbât al-Koubrâ. Par T. Monod, en collaboration avec Marc de Gouvenain. Actes Sud, coll. Terres d'aventure, Arles, 1996.
Maxence au désert. Un voyage en Mauritanie. Actes Sud, coll. Terres d'Aventure, Arles, 1995.
Maxence au désert, Méharées, L'Émeraude des Garamantes, Le Fer de Dieu, Majâbât al-Koubrâ, Désert libyque, Plongées profondes. Actes Sud, coll. Thésaurus N° 5, Arles, 1997.
Méharées. (Explorations au vrai Sahara. Éditions Je sers, Paris, 1937, 1947). Réédition : Actes Sud, coll. Terres d'aventure, Arles, 1989. Réédition : coédition Actes Sud / Labor / Aire, 1994 (coll. Babel N° 102, coll. Terres d'aventure).
Pèlerin du désert. Éditions La Table Ronde, coll. Les Petits livres de la sagesse, Paris, 1999.
Plongées profondes : bathyfolages à la découverte des abysses. Actes Sud, coll. Terres d'aventure, Arles, 1991. Nouvelle édition revue et corrigée : J’ai lu, coll. Documents, N° 5565, 2000. Souvenirs de la « période héroïque » de l’exploration sous-marine avec Auguste Piccard (1884-1962).
Révérence à la vie. Conversations avec Jean-Philippe de Tonnac. Grasset, Paris, 2000. Du jeûne annuel de Taverny contre l'arme nucléaire à sa spiritualité, les réflexions d'un grand bonhomme vert, pacifiste, humaniste, philosophe. Silence. L'âge venu, le savant s'interroge : quel est donc l'avenir du genre humain ? Que pouvons-nous espérer pour nos enfants et nos petits-enfants ? Partagé entre le désir de croire et une nécessité inquiète, l'auteur passe en revue les questions du temps à venir : l'avenir de la planète, la folie de nos lois et notre propre folie guerrière, nucléaire, violente.
Sahara, désert magique. Par T. Monod, en collaboration avec Jean-Marc Durou. AGEP, Marseille, 1986.
Sortie de secours. Éditions Seghers, coll. Les Raisons de la colère, Paris, 1991. Réédition en 2000 sous le titre Et si l’aventure humaine devait échouer.
Terre et ciel. Entretiens avec Sylvain Estibal. Actes Sud, Coll. Mémoires, Arles, 1997, 2000. Réédition : coll. Babel N° 364, coll. Terres d'aventure. Marqué dès son plus jeune âge par une double vocation, Théodore Monod renonça, à vingt ans, à se faire pasteur, pour devenir scientifique. C’est sous cet angle, celui des convictions, des valeurs morales et de la foi que Sylvain Estibal a mené durant l’année 1996, une série d’entretiens avec Théodore Monod, cherchant à faire la synthèse d'une existence, l’interrogeant sur sa carrière, sur son cheminement. Tout public.
Vie et mort au désert. Entretiens avec Catherine Béchaux. Le Seuil, coll. Petit point des connaissances, Paris, 1993.
Zerzura, l’oasis légendaire du désert libyque. En collaboration avec Edmond Diemer. Éditions Vent de sable, 2001. En 1980, le professeur Théodore Monod se rend dans l’une des régions les moins connues du Sahara oriental, le désert libyque. En compagnie du géophysicien E. Diemer, il étudie la flore, se passionne pour l’origine du verre libyque, recherche des impacts de météorites et s’intéresse bientôt à l’oasis de Zerzura que les textes anciens situent près du massif de Gif el Kébir.

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Ouvrages sur Théodore Monod
Isabelle Jarry : Théodore Monod. Plon, Paris, 1990. Réédition Payot, Petite Bibliothèque Payot N° 169, série Voyageurs, Paris, 1993.
Isabelle Jarry (sous la direction de) : Mémoires d'un naturaliste voyageur. Photographies de Jean-Marc Durou. Préface de Jean Rouch. AGEP, coll. Mémoires d'aujourd'hui, Marseille, 1990.
Isabelle Jarry: Voyage au Ténéré. Plon, Paris, 1991.
Roland Billard et Isabelle Jarry (sous la direction de) : Hommage à Théodore Monod, naturaliste d’exception. Préface d’Abdou Diouf. Éditions du Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, 1997.
Nicole Vray : Monsieur Monod, scientifique, voyageur et protestant. Biographie. Actes Sud, Arles, 1994.
Sylvain Estibal : Théodore Monod, une vie de saharien. Photographies de Jean-Marc Durou et Hervé Derain. Éditions Vents de Sable, 1998. Présente la vie hors du commun de l’infatigable chercheur qui 70 années durant a parcouru le désert à pied et à dos de chameau, rapportant d'innombrables observations sur le milieu naturel du désert permettant d'en améliorer la connaissance.

Livres sur Théodore Monod avec la Fnac

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Quelques témoignages sur Théodore Monod (extraits du Canard Sauvage N° 76, décembre 2000)
« Il a franchi le passage « pour l’autre rive ». Il attendait avec curiosité de pouvoir l’explorer. Où qu’il soit, il est omniprésent aux côtés de ceux qui ont partagé avec lui de précieux moments de militantisme. (…) En souvenir de lui, puissent-ils être nombreux ceux qui, se référant à sa parole, voudront prolonger son influence en aidant les associations qu’il honorait de son soutien. » Nelly et Serge BOUTINOT, animateurs du ROC.

« Aujourd’hui, à l’heure où il est parti explorer des contrées inconnues, il me semble être de mon devoir d’apprendre à marcher seule sur cette terre et de porter, tel un flambeau, l’inestimable héritage qu’il nous a légué. » Christine KRYSTOF.

« Au palmarès d’une longue vie très bien remplie, une trentaine de livres où données scientifiques et récits d’aventures vécues s’habillent parfois d’humour, mais où les prévisions d’un humaniste inquiet pour l’avenir de l’Humanité, de notre planète et de ses autres habitants, se révèlent par quelques titres dont Sortie de secours et le tout dernier : Et si l’aventure humaine devait échouer. » Jean CARLIER, vice-président d’honneur des J.N.E.

« Demain, que restera-t-il de Théodore Monod, ce guide indispensable ? (…) Je l’imagine bien, arrivant là-haut et se précipitant vers Jean Rostand, cet autre biologiste humaniste. Tous deux n’auront alors qu’une obsession : refaire le monde. … et nous continuerons à marcher ! » Allain BOUGRAIN-DUBOURG, président de la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux.

Préface d’Albert JACQUARD au livre de Théodore MONOD : Le Chercheur d'absolu (1997, 1999) :
THÉODORE MONOD OU LA LUCIDITÉ

« Chaque jour nous entendons parler de l’« aube du troisième millénaire ». Théodore Monod nous montre combien cette description de notre temps est fallacieuse. L'ère chrétienne n'aura pas de troisième millénaire ; elle a pris fin le 6 août 1945. Depuis, l'humanité est entrée dans l'ère nucléaire ; nous ne sommes encore que dans la cinquantième année de cette ère où les conditions de la survie de notre espèce doivent être fondamentalement repensées.
Chaque jour nous entendons des appels à la croissance de la consommation, seule issue au problème du chômage. Théodore Monod nous montre que nos vrais besoins sont bien limités, que, dans le désert, la survie est assurée par une poignée de dattes, une gourde d'eau, que nous croulons sous l'accumulation de nos désirs artificiels trop vite satisfaits, et que la Terre ne peut indéfiniment supporter notre boulimie.
Chaque jour nous recevons la consigne d'être efficaces, réalistes, compétitifs. Théodore Monod nous montre que cette course aveugle, éperdue, nous a mené à l'abîme. Il préfère la lucidité de l'utopie qui nous fait choisir une étoile lointaine, sans doute inaccessible, mais vers laquelle on se dirige et qui guide nos choix quotidiens.
En cette période où les repères semblent avoir disparu, il nous en propose qui peuvent nous faire bifurquer vers de nouveaux horizons. Il est urgent de l'écouter. »